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musée servaire          la voulte sur rhône

Pour expliquer la rareté et la qualité des fossiles récoltés, les scientifiques considèrent qu’une série de catastrophes écologiques locales a dû être à l’origine de la mort cyclique des organismes et de leur remarquable état de conservation. Il pourrait s’agir d’une pollution d’origine hydrothermale relative à la présence de la faille géologique de La Voulte-sur-Rhône, soit bien de l’eutrophisation du milieu consécutive à une accumulation de matières organiques. Pour expliquer un état de fossilisation aussi remarquable, on peut envisager un ensevelissement rapide dans un fond marin pauvre en oxygène et des conditions physico-chimiques propres à stopper la décomposition de la matière organique. La structure des organismes a été totalement substituée molécule par molécule par différents éléments minéraux grâce à des bactéries capables d’entraîner ces échanges moléculaires. Cette fossilisation exceptionnelle est liée aussi à la finesse du sédiment, 60 à 70% d’argile. Parfois, certains minéraux tels l’apatite, la galène ont préservé les détails les plus fins, jusqu’aux membranes des cellules rétiniennes de certains crustacés. Deux facteurs déterminants sont intervenus dans ce processus ; une vase marine pauvre en oxygène (milieu réducteur) et une concentration inhabituelle de minéraux dissous (phosphates, sulfates, carbonates,…) se trouvant immédiatement disponibles pour se combiner sous l’action de bactéries et entraîner une formidable fossilisation.

  

Les vampyromorphes, ordre voisin des octopodes, n’étaient jusqu’ici connus avec certitude que dans la nature actuelle, en eaux océaniques profondes. Leur présence dès le Jurassique moyen se trouve attestée par une vingtaine de spécimens du Callovien inférieur de la Voulte-sur-Rhône (Ardèche), qui en possèdent les caractères essentiels : huit bras sessiles reliés par un velum et armés d’une rangée de ventouses encadrées de cirres, une paire de tentacules brachiaux, des yeux latéraux bien développés, un organe de soutien interne (gladius) non calcifié, une paire de nageoires supéro-postérieures, deux organes lumineux postéro-dorsaux, pas de poche à encre. La présence d’un vampyromorphe déjà bien caractérisé au Jurassique moyen laisse supposer pour cet ordre de céphalopodes une origine beaucoup plus ancienne encore.

  
Vampyranassa rhodanica
Callovien.  9 cm.