Certains sites fossilifères sont des « super gîtes » (parfois désignés sous le nom allemand de lagerstätten) , parce qu’ils ont conservé des traces extraordinaires de la vie ancienne. Le site de Burgess, situé dans le parc national Yoho en Colombie-Britannique, est l’un de ces sites richissimes. L’UNESCO l’a également désigné comme Site du patrimoine mondial. Il a été découvert en 1909 par Charles Walcott, un savant américain. Ces fossiles ont été laissés par une communauté d’animaux marins qui vivaient dans une mer tropicale, pendant le Cambrien, il y a environ 500 millions d’années. Les fossiles sont si bien conservés que, dans certains cas, même les tissus mous et les organes internes sont visibles — ce qui est très rare en paléontologie. C’est là qu’un événement unique a lieu. En quelques millions d’années, la plupart des grands groupes d’animaux apparaissent. Tous les plans d’organisation du règne animal sont là, représentés par une ou deux espèces seulement. Plus énigmatique encore, une foule d’êtres bizarres, présentant des plans d’organisation complètement aberrants, foisonnent dans les mers. Jamais la biodiversité n’a été aussi élevée… C’est la faune de Burgess Shale : une galerie de monstres marins qui recèle encore bien des énigmes. Une méduse anormale. Une crevette inhabituelle. Une éponge comme on n’en a jamais vue de semblable. Une étrange créature marine, munie d’une trompe et de cinq yeux. Un « crabe dentelé » complètement inconnu. Une créature hallucinante complètement symétrique. La datation de ces fossiles est d’environ 544 millions d’années soit à la fin de la periode védienne au tout début du Cambrien (le Cambrien Basal).
Les valves de Tuzoia sont une des énigmes des fossiles de Burgess. On a même longtemps pensé à tord que cette carapace à deux valves appartenait à l’Anomalocaris. Les valves sont caractérisées par une ligne de charnière. A la surface, des lignes de « dessins » réticulaires sont plus ou moins développés ainsi que des épines sur la bordure. Tuzoia pouvait nager dans des colonnes d’eau, C’était vraisemblablement un animal solitaire qui fut rarement enseveli avec d’autres espèces à Burgess. Walcott fit la description d’une seule espèce Tizoia En l’absence des parties molles, le classement de Tizoia est incertain. Au regard des autres exemplaires trouvés dans les autres parties du monde, Tizoia pourrait être un crustacé.
Canadia est d'un genre disparu d’annélide de Burgess. La caractéristique la plus notable de Canadia est qu’il porte de nombreux notosetae ( soies dorsales rigides)s'étendant en branches du notopodia (branche centrale) le long du dos de l'animal. Ce sont les caractéristiques qui les relient aux polychètes ou « vers à poils ».Il a été suggéré que ses notosetae aient été irisés en raison de la difraction sur la surface de certains fossiles
Vauxia est la plus complexe et aussi la plus fréquente éponge des schistes de Burgess. Plusieurs centaines de spécimens y ont été trouvés. Vauxia se présente comme une éponge à branches coniques ou cylindriques qui lui donne l’ apparence d’un arbre. Le squelette de Vauxia se compose d’une substance organique dure comme les éponges. Contrairement aux autres éponges des schistes de Burgess on ne distingue pas de spicules, toutefois les fibres qui composent le squelette de Vauxia sont contenues dans une sorte de sac plus solide que ceux qui entourent d’autres éponges de Burgess.
Le squelette minéralisé d’Haplophrentis se compose de trois éléments. Le corps est composé d’une longue coquille conique et pointue qui se termine par un fin opercule. De chaque coté de l’opercule deux appendices sont surnommés helen (par Walcott pour sa fille). Haplophrentis vivait essentiellement sur le fond.
Margaretia apparaît comme une fine algue allongée en forme de feuille. Elle présente souvent plusieurs branches rattachées à une fine base, un peu comme l’actuel varech. Les « feuilles » sont perforées par de nombreux trous étroits. La description de cette espece a été publiée après la mort de Walcott basée sur ses notes. Dans les notes originales de Walcott Margaretia est décrite comme une algue (ce qui est actuellement accepté), mais dans d’autres notes plus tardives il remarque des similitudes avec un corail alcyonarien (corail mou).
Ottoia Prolifica (3,7 % des organismes de Burgess) est un Priapulide, un vers à trompe carnivore et cannibale. Il n’est pas relié à une famille moderne de Priapulides, aussi lui a-t-on assigné sa propre famille Ottoiiidae. Dim : 5 cm.
Marpolia apparaît comme une algue présentant de nombreuses similitudes avec les cladophores actuels. Marpolia se présente sous la forme d’un thalle buissonnant filamenteux, parfois très ramifié. Ce thalle est fixé à la base par des rhizoïdes. Le thalle est souvent fixé par sa base dans son jeune âge, puis il flotte librement. Il peut se présenter sous divers aspects, depuis la petite touffe jusqu’à la formation de filaments chevelus pouvant atteindre de grandes longueur. Leur forme dans les schistes de Burgess varie considérablement en fonction de l’endroit ou elles se trouvaient lorsque le nuage de sédiment les a transportés jusqu'à leur point d’enfouissement.
Canadaspis (11,7 % des organismes de Burgess), Il ressemblait probablement à un crustacé possédant une carapace à deux valves. Quelques exemplaires possèdent des antennes. Dim : 4 cm.
Eldonia est encore un exemple d'un fossile problématique des schistes de Burgess. Les spécimènes se présentent sous la forme d'une impression "plate". Les stries transversales se présentent commes des canaux radiaux sur les deux faces de l'animal. Le débat se pose encore pour savoir si il s'agit d'une méduse ou d'un autre organisme à corps mou.