Les Scyphocrinites élégans (vitrine 3), crinoïdes paléozoïques, étaient des animaux pélagiques atypiques. L’animal était constitué d’une très longue tige attachée à un flotteur (qui remplaçait les racines) et se terminant vers le bas par son calice où étaient attachés les bras. Il vivait donc "à l’envers" par rapport aux crinoïdes usuels. A sa mort, il pouvait couler, sédimenter (entier) en eaux calmes et se fossiliser. Dans cette vitrine, nous vous présentons une grande plaque d’ individus complets de schyzocrinus . Ces animaux marins ressemblent à des plantes mais se rangent dans le groupe des échinodermes. Ils sécrétaient un squelette formé de nombreuses petites pièces calcaires. Le squelette comporte une tige mobile formée de nombreux articles, de forme pentagonale, et qui se fixe au fond de lamer par des crampons. La tige porte un calice de plaques calcaires sur lequel s’insèrent des bras flexueux. Les séries de plaques du calice et le nombre de bras sont multiples de cinq. Les crinoïdes, dont il subsiste quelques espèces dans les mers actuelles, se nourrissaient en captant les particules organiques en suspension dans la mer. Pour cela, ils étalaient leurs bras face au courant. Mais leur fragilité rendait incompatible une vie dans des courants supérieurs à 30 cm/s ou dans une agitation trop forte. De ce fait, la profondeur la plus favorable pour eux se situait entre 200 et 1000 m. A diverses périodes, certains ont conquis les plus grandes profondeurs, en allégeant leur squelette. Sur l’étagère en haut de la vitrine 3 vous pouvez voir une masse sphéroïdale (Camarocrinus saffordi) qui est en fait vraisemblablement le flotteur d’un Scyphocrinite.
C’est au silurien qu’apparaissent les premiers poissons fossiles, ceux ci sont bien différents de nos poisson actuel. Des poissons à carapaces pouvant atteindre plusieurs metres, ce sont les placodermes. les placodermes ont, pendant la première moitié du 19ème siècle, été confondus à maintes reprises avec des tortues et autres animaux cuirassés. Parmi les premiers animaux à mâchoires, ils n’ont aucun représentant de nos jours, ce qui explique certaines interprétations erronées quant à leurs formes inusitées. En gros, les placodermes se distinguent surtout par le fait que leur tête, leur thorax, et parfois leurs nageoires pectorales, sont recouverts d’une épaisse armure de grosses plaques osseuses. Relativement facile à fossiliser, cette cuirasse est bien souvent tout ce qu’on retrouve de l’animal, la queue et les nageoires postérieures étant faites de tissus trop délicats pour se conserver. D’où la confusion lorsqu’on tenta d’identifier les premiers placodermes découverts. Et même correctement identifiés, ces animaux demeurent obscurs. Leurs plaques dermiques, par exemple, ne sont pas homologues des os crâniens des poissons modernes. Qui plus est, elles ne sont même pas homologues entre les différents groupes de placodermes! Les placodermes sont apparus au tout début du Silurien, mais ne sont devenus communs qu’au début du Dévonien. Ils ont connu à ce moment une extraordinaire radiation adaptative qui leur a fait conquérir toutes les niches écologiques aquatiques, ils ont subitement disparu sans laisser de descendants à la frontière Dévonien-Carbonifère. Selon les spécialistes, cinq ou six groupes de placodermes ont été identifiés sur la planète, incluant plus de 200 genres différents. Pendant 50 millions d’années, ils ont dominé les eaux du Dévonien, aussi bien salées, saumâtres que douces. Ce n’est qu’à leur disparition que les requins ont pu commencer leur diversification et devenir à leur tour les grands prédateurs des mers.